Histoire
L'Histoire m'intéresse au plus haut point.
Celle de ma famille, de mes ancêtres d'abord,
mais aussi celle de mon pays, le Québec,
laquelle fut trop longtemps trafiquée et ré-écrite.
Je souhaite la décrire tel qu'elle devrait être.
L'Histoire des autres m'intéresse tout
autant.
Je mettrai en ligne dans ces pages
l'Histoire des autres au même titre.
Je ne peux pas commencer autrement que par
la
Déportation des Acadiens.
Peu de jeunes d'aujourd'hui en connaissent vraiment l'Histoire.
On ne la raconte plus dans les écoles
c'est
là justement un des meilleurs exemples
de la ré-écriture de l'Histoire
du pays.
Il est bien évident que les Anglais (Britanniques
et descendants)
ne veulent pas que ces faits soient connus
puisqu'ils
sont conscients que c'est un véritable génocide
qui fut perpétré alors.
Pour ma part, c'est en cinquième année que
j'ai appris cette histoire
racontée par le frère François-Régis qui était mon titulaire de classe.
Je me souviens très bien avoir pleuré de rage
et ne pas avoir dormi très souvent la nuit en
y songeant.
Cette histoire affeuse ne me quittait pas l'esprit
et je n'arrivais pas à y croire.
Je sais que c'est à ce moment-là que je suis devenu un indépendantiste convaincu.
Ce qui est encore plus surprenant,
c'est que
ma mère m'ait avoué il y a quelques années
que ce fait historique
l'amena elle aussi à devenir
une indépendantiste avérée.
Sans jamais nous en être parlé précédemment,
nous partagions tous les deux la même idée sur
le même fait.
Voici donc cette histoire en résumé:
DÉPORTATION DES ACADIENS
http://www.geocities.com/Athens/Ithaca/7318/DEPORT.HTM1755:
LE DÉBUT
DU CAUCHEMAR
Après la chute du fort Beauséjour au printemps de 1755, les autorités
britanniques d'Halifax mirent officiellement en branle leur projet de déportation
de la population francophone d'Acadie. Les autorités interdirent d'abord
aux habitants l'usage d'armes et d'embarcations.
Mais c'est en septembre 1755
que le véritable cauchemar commença. Le 5 du mois, le lieutenant-colonel
John Winslow réunit les hommes
de la région dans la petite église
de Grand-Pré pour leur lire l'édit de la déportation. Les
pauvres paysans apprirent avec horreur que
«Son
Excellence le gouverneur Lawrence» était dès lors autorisé par
Londres de confisquer «vos terres, vos maisons, votre bétail et
vos troupeaux de toutes sortes (…) avec tous vos autres effets, excepté votre
argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés
hors de cette province.»
L'annonce du lieutenant-colonel John Winslow
Malgré la promesse faite aux Acadiens qu'ils pourraient conserver
certains effets personnels comme leur mobilier, les Britanniques s'emparèrent
de tout avant de les entasser de force sur les bateaux. Les familles furent
déchirées, contrairement à une autre promesse qui leur
avait été faite. Le gouverneur Lawrence, dans une lettre adressée
au colonel Monckton, écrit:
« Je ne vous demande pas d'attendre
que les femmes et les enfants s'embarquent, envoyez les hommes sans eux.»
Une
fois débarassés des habitants, les Britanniques entreprirent
de brûler les maisons et de s'emparer du bétail.
Le cruel Lawrence
ordonna encore:
« Vous devez faire tous les efforts possibles pour réduire à la
famine ceux qui tenteront de s'enfuir dans les bois.»
Les Britanniques
entreprirent de brûler les maisons et de s'emparer du bétail.
Environ 12 000 habitants acadiens désarmés et sans défense
furent ainsi déracinés de leur patrie et envoyés en
exil vers des destinations qui leur étaient inconnues. Ils se retrouvèrent
bientôt dispersés et abandonnés dans les colonies britanniques
de la côte atlantique. Les conséquences des tentatives d'évasion étaient
très
graves.
Winslow avait prévenu les Acadiens que si après deux
jours, les absents ne se livraient pas aux autorités, leurs proches
seraient alors éxécutés.
APRÈS 1755: LE CAUCHEMAR
CONTINUE
En 1756, l'armée britannique captura un groupe d'Acadiens qui s'étaient
réfugiés au Cap Sable. Certains furent exilés à Boston,
d'autres en France. En 1758, les Britanniques entreprirent de perpétuer
leur horrible entreprise à l'Île Saint-Jean
(aujourd'hui l'Île-du-Prince-Édouard).
Environ 3500 Acadiens furent déportés de l'île vers la
France.
De ce nombre, 700 perdirent la vie en mer lorsque deux des bateaux
coulèrent.
DESTINATION: MASSACHUSETTS
Le gouverneur de cette colonie, William Shirley, avait collaboré avec
Lawrence et approuvait son projet de bannir les Acadiens.
Il considérait
que les Acadiens étaient les habitants les plus «odieux» du
continent, une menace potentielle aux portes de sa colonie.
Il avait envoyé plusieurs
soldats pour attaquer le fort Beauséjour et pour aider Lawrence dans
ses entreprises. Plus de déportés furent donc envoyés
dans cette colonie qu'à n'importe quel autre endroit. Les autorités
attendaient les exilés et il semble que les malades et blessés
reçurent des soins médicaux. Toutefois, plusieurs enfants furent
arrachés à leurs familles pour être placé en adoption
dans des familles
anglo-américaines.
DESTINATION: THE CAROLINAS
Environ 1000 Acadiens se retrouvèrent dans les Carolines. On leur permit
d'entrer mais seulement pour les inviter à quitter.
Ils repartirent
presque tous pour le nord, complètement démunis et à pied.
La plupart moururent en chemin.
D'autres furent tenus prisonniers jusqu'en
1763, après quoi ils se rendirent en Louisiane.
DESTINATION:
GEORGIA
Plusieurs Acadiens (environ 400) furent envoyés en Géorgie. Certains
d'entre eux furent mis au service de grands propriétaires terriens
qui
leur imposèrent des conditions de travail aussi terribles que celles
subies par les esclaves noirs. Plusieurs s'enfuirent vers les Carolines
et
se joignirent aux autres Acadiens qui organisaient leur retour vers le nord.
En 1756, la Géorgie autorisa tous les autres Acadiens de quitter son
territoire. Ceux qui étaient restés se réfugièrent
donc à l'Île Saint-Jean et seront déportés une deuxième
fois par les Britanniques en 1758.
DESTINATION: MARYLAND
Les habitants du Maryland étant eux-même majoritairement catholiques,
ils montrèrent beaucoup de sympathie à l'égard des Acadiens.
Environ 900 exilés furent envoyés dans cette colonie. La plupart
trouvèrent du travail et furent employés dans la construction.
En 1763, ils furent autorisés à quitter et plusieurs se rendirent
en Louisiane ou reprirent le chemin de l'Acadie dans l'espoir de retrouver
leurs terres (une bien mauvaise surprise les attendait). D'autres choisirent
de rester au Maryland. Ils s'établirent à proximité de
Baltimore dans une banlieue qu'on baptisa «Frenchtown».
DESTINATION: NEW YORK
Les quelques 300 Acadiens qui furent envoyés dans cette colonie se virent
presqu'immédiatement séparés de leurs proches et dispersés.
En 1756, les autorités décrétèrent que tout Acadien
de moins de 21 ans devait s'établir dans une famille anglo-américaine.
L'objectif de cette manoeuvre était bien sûr d'assimiler la
jeune génération.
En 1763, les Acadiens reçurent la permission de partir
et la majorité d'entre
eux quittèrent pour se rendre en Louisiane, en Martinique
ou en République
Dominicaine.
DESTINATION: PENNSYLVANIA
L'arrivée des Acadiens fut une surprise pour les autorités coloniales
de Pennsylvanie qui leur refusèrent la permission de débarquer
des bateaux. Plusieurs des exilés moururent de petite vérole
et d'autres maladies. Les survivants furent séparés. Les adultes
furent envoyés à des riches propriétaires terriens qui
les traitèrent comme leurs esclaves noirs, les enfants furent envoyés
dans des familles de l'endroit pour être assimilés. En 1763, la
majorité des Acadiens choisirent de quitter la Pennsylvanie pour la
province de Québec, la Louisiane ou les Antilles.
DESTINATION:
VIRGINIA
La Virginie refusa carrément d'accepter les quelques 1200 Acadiens qui
furent envoyés vers ses côtes. Les bateaux prirent donc le chemin
de l'Angleterre. Des centaines d'Acadiens moururent de la petite vérole
pendant le voyage. Les survivants furent incarcérés comme prisonniers
de guerre en Angleterre et plusieurs autres encore perdirent la vie. En 1763,
les quelques 750 survivants furent envoyés en France.
DESTINATION:
LOUISIANE
Comme nous l'avons vu plus haut, plusieurs Acadiens prirent
le chemin de la Louisiane lors de la signature du traité de Paris en 1763.
Ils croyaient
alors se diriger vers l'un des derniers territoires français d'Amérique
du Nord. Or, ce qu'ils ne savaient pas, c'est que la France avait cédé la
Louisiane à l'Espagne la même année.
Les autorités espagnoles accueillirent toutefois les Acadiens à bras
ouverts. À la Nouvelle-Orléans, on nomma Ansèlme Blanchard
commissaire aux Acadiens. C'est lui qui eut le rôle d'accueillir les
exilés au nom des autorités de la Louisiane espagnole. Ils vit à leurs
besoins immédiats, les enregistra, leur donna pleine liberté dans
le choix de leurs terres et les conseilla même sur la construction de
leurs nouvelles habitations.
On mit également à leur disposition
une aide financière, des outils et des vivres. Rapidement, la plupart
des Acadiens furent établis à Manchac et sur les
rives du Mississippi.
Les Espagnols avaient toutefois beaucoup de difficultés avec les noms
français et plusieurs furent «hispanifiés» pour des
raisons pratiques. Ainsi, Joseph Leblanc devint José Blanco et ainsi
de suite. Les noms qui ne se traduisaient pas facilement furent transformés
phonétiquement, LeJeune par exemple devint El Joven et Babin
devint Vaven.
L'excellent traitement que reçurent les Acadiens en Louisiane traversa
rapidement l'Atlantique et plusieurs Acadiens qui avaient été exilés
en France organisèrent le retour de leurs familles en Amérique.
La population acadienne de la Louisiane augmenta très rapidement, en
particulier dans le district de Valenzuela où la ville de
La Fourche avait la plus grande concentration d'habitants acadiens.
La transplantation des Acadiens en Louisiane fut un immense
succès et
plusieurs villages firent leur apparition (Saint-Martinville, Iberville,
Saint-Landry,
etc.) Les descendants de ces vaillants Acadiens (prononcé «Acadjan»)
sont maintenant connus sous le nom de Cajuns
(prononcé «Cadjan»).
DESTINATION: NOVA SCOTIA
Plusieurs Acadiens choisirent plutôt de retourner en Acadie. En 1763
par exemple, une soixantaine de familles qui avaient été envoyées à Boston
décidèrent de rentrer à pied (hommes, femmes parfois enceintes
et enfants). Leur intention était de réintégrer leurs
maisons et leurs fermes. Ceux qui survécurent à ce périple
de 1800 milles arrivèrent pour découvrir que tout avait changé.
Des familles britanniques occupaient maintenant leurs terres et leurs maisons.
La vue de ces Acadiens affamés, hirsutes et épuisés effraya
les enfants des nouveaux habitants.
Ils étaient devenus des étrangers
dans ce pays qui leur appartenait pourtant de plein droit.
Ils se mirent à la
recherche d'un coin de pays où ils pourraient s'établir.
Rapidement, à la demande des nouveaux habitants apeurés, les
autorités britanniques décidèrent d'intervenir.
Plusieurs
des exilés s'enfuirent vers l'Île Saint-Jean (maintenant rebaptisée
Prince-Edward-Island).
Les autres furent capturés et on les força à accomplir
toutes sortes de tâches pour les nouveaux propriétaires
comme
réparer les digues, tels de véritables esclaves.
Voilà !
Édifiant n'est-ce pas ?
Et maintenant dites-moi pourquoi les livres d'Histoire au Canada ne comportent pas ces événements ?
Dites-moi surtout pourquoi au Québec on ne l'enseigne pas plus ?