François DeJordy-Moreau

Cette photo de François DeJordy-Moreau est une copie photographique
d'une huile peinte vers 1720
par François de Beaucourt.
Archives Nationales du Canada cote C-10540
( Aux Archives Nationales "Patrimoine Militaire Canadien" ils ne répondent pas à mes nombreux appels et courriels depuis 6 mois.
Je sais pertinemment que cette photo est celle de François, mais eux, ils prétendent que c'est Melchior, or ils ont tort et je peux le prouver.)

 

Fils de Pierre-François et d'Élizabeth de Pradines, François naît dans la paroisse Saint Vincent de Carcassonne en 1666. Son certificat de naissance est introuvable, mais on peut voir ici les fonds baptismaux et l'intérieur de l'église Saint Vincent où François reçut le baptème.

Église St-Vincent intérieur
Fonds baptismaux
(Photos par Rick TheZoo 2000).

 

Lieutenant le 5 mars 1685
Capitaine réformé le 11 mars 1693
Enseigne de vaisseau en 1695
Capitaine en pied le 1 mai 1697
Commandant du Fort Frontenac (Cataracoui, au bord du Lac Ontario) en 1696,
Commandant du
Fort Chambly en 1711-1712,
Chevalier de St-Louis le 28 juin 1718
Major de Trois-Rivières le 7 mai 1720 succédant à D'Esgly, M. De Vaudreuil disait de lui le 26 octobre 1722:
Il est aussi commandant de Trois-Rivières en 1725 et il décède le 16 février 1726, alors qu'il est toujours en poste

En 1682, à l'âge de 16 ans, il entre comme cadet du Roi dans le régiment de Bésançon.
Le 5 mars 1685, il reçoit son brevet de lieutenant.

Partit de La Rochelle le 7 juin 1685, après un voyage de 56 jours en mer, il arrive au Canada le 01-08-1685 avec son oncle Joseph Desjordy de Cabanac, à bord du bateau La Dilligente, en qualité d'officier dans les troupes de la marine lesquelles viennent apporter du renfort au Marquis Brisay DeNonville nouveau gouverneur du Canada. Mgr. De St-Valier est aussi du voyage. Il sera le futur évêque de Québec.

Parti de LaRochelle au début de juin 1685, La Diligente n'arrivera à Québec qu'aux derniers jours de juillet 1685 en compagnie de deux autres vaisseaux amenant 500 soldats que le Roi envoyait au Canada pour humilier les Iroquois et les tenir en respect par les armes et la terreur. l'Abbé de St-Valier amenait avec lui, neuf ecclésiastiques dont six sulpiciens, quelques maitres d'écoles et des gens de métier pour le Séminaire. Les soldats, entassés sur les vaisseaux, contractèrent pour la plupart une maladie pestilentielle et il en périt 50 de même que deux prêtres.

En garnison à Montréal de 1685 à 1687, sous le commandement de Callière, François a pris part à la lamentable expédition de Denonville contre les Iroquois en 1687. Il a aussi participé à la défense de Québec lors du siège de Phipps en 1690, il y est mentionné sous le nom de "de Sourdy".Le même nom figure sur la liste des officiers qui ont guerroyé contre les Iroquois après l'échec de Phipps.

En 1692, Monsieur de Frontenac promut François capitaine et le rôle des officiers en date du 5 octobre 1692 le note ainsi: .

Il a aussi fait partie, en 1692, de l'expédition que menèrent à l'ile de Toniata (Grenadier Island,près de Brockville) les sieurs Claude Guillouet d'Orvilliers et Boisberthelot de Beaucours. La même année il figure comme capitaine réformé au "Rolle des officiers qui servent en Canada", on le reconnait bon officier et capable de bravoure.

En 1694, il a maille à partir avec Mgr. De St-Vallier(La Croix) qui le frappe d'interdit (ex-communication) à cause de sa conduite scandaleuse; il entretient une maîtresse à Batiscan, Marguerite Dizy, épouse de Jean Desbrieux. Il n'encoure pas cependant l'ex-communion. A la suite d'une altercation avec le curé de Batiscan Nicolas Foucault et le curé de Champlain sieur Bouquin, d'une part et de François et son oncle Joseph d'autre part, les deux amants se voient interdire l'entrée des deux églises. François adresse une requête au Conseil Souverain le 23 mars 1694 pour que les curés viennent donner les raisons pour lesquelles ils lui défendent d'assister au service divin, ce qui salit sa réputation. Frontenac s'en mèle et demande au Conseil Souverain d'examiner la question et les registres d'audience afin de déterminer si les interventions de Monseigneur de St-Valier ne sont pas abusives, car il devra en reférer au Roi. Monseigneur de St-Valier doit alors passer en France pour se justifier. L'interdiction est levée par la suite. L'affaire Dejordy-Desbrieux fut la cause d'une des nombreuses querelles entre Mgr. De St-Vallier et Frontenac. Aucune action n'est intentée contre les Dejordy. Ils sont tous deux des amis de Frontenac et ont d'excellentes relations en France.

Le 22 avril 1695, il reçoit en concession une seigneurie de trois lieues sur la rive sud du Richelieu. (Voir Possessions immobilières)

Le 18 juillet 1695 il dicte son testament au notaire Adhémar. Il lègue 300 livrers aux Récollets pour faire dire trois cents messes pour le repos de son âme. Il lègue 300 livres aux pauvres de l'Hôpital Saint-Joseph de Montréal et 200 livres à la Fabrique de l'église paroissiale de Montréal. Il lègue enfin le reste de ses biens à la fille aînée de son oncle Joseph.

Néanmoins, le samedi 24 novembre 1696 il passe un contrat de mariage #24 devant Me. Antoine Adhémar et en 1696, le 26 novembre, François se marie religieusement à Montréal avec Marie-Anne Nolan, à l'église de Ville-Marie (Église Notre Dame de Montréal) devant le sulpicien René-Charles de Breslay qui fut curé de Notre-Dame de 1696 à 1703. Mais on enverra le bouillant jeune officier méditer au fort Frontenac à titre de commandant.

La descendance de François et de Marie-Anne Nolan.

La même année, à titre de capitaine dans les troupes commandées par Rigaud de Vaudreuil, Desjordy prend part à l'expédition que Frontenac mène contre les Iroquois. François s'entend bien avec Frontenac, il fait partie des expéditions de ce dernier.
En 1696, le Roi demande à Frontenac de faire la guerre aux Iroquois et si ces derniers veulent la paix, de signer ensuite un Traité avec eux.
Le 6 août 1696, Vaudreuil, accompagné de 400 miliciens et de 300 indiens, se rapporoche de la bourgade des Onneiouts. Il a avec lui, ses meilleurs capitaines, soit:
Louvigny, Linvilliers, Desjordy, Soulanges, Sabrevois et Dauberville. Les Onneiouts se disent prêts à se rendre selon les conditions de Frontenac. Vaudreuil déclare qu'il va détruire le maïs et la bourgade car les Indiens disent vouloir rentrer au Canada. Vaudreuil commande la destruction de la récolte, des approvisionnements et du village.
Il repart le 8 août 1696 traînant à sa suite trente-cinq Ounneiouts, les principaux chefs de la tribu et 4 prisonniers français trouvés là, chez les Indiens.
(Source: Iroquoisie 1688-1701 de Léo-Paul Desrosiers chez Septentrion..page 227).

En octobre 1696, en remerciement de ses loyaux services, Le Sieur de Frontenac lui conçède la Seigneurie des Aulnets sur la Rivière Chaudière, près de Lévis,(voir Inventaire des fiefs et concessions de Pierre Georges Roy volume iv page 104) et un mois plus tard, il épouse Anne Nolan (1674-1703), fille de Pierre Nolan, marchand de Ville-Marie (Montréal). Lors de son premier mariage il signe DESORDY voir contrat devant Me. Adhémar à Montréal. Trois filles naissent de cette union.

En 1698 il fait entériner par le Conseil Souverain, la concession reçue len 1695.
Le 18 mars 1701 il se fixe à Montréal quant il achète de Pierre Garreau, un emplacement de quarante-trois pieds de front par vingt pieds de profondeur, au prix de 2,000 livres.
(C'est la résidence de la rue Notre-Dame) Il s'engage de plus à rembourser annuellement aux Religieuses Hospitalières, une rente de 43 livres tournois sur la somme de 860 livres.

En 1698 Pierre Lemoyne d'Iberville obtenait du Roi de France le commandement d'une expédition destinée à aller prendre possession des bouches du Mississipi. Deux frégates lui furent confié pour cette mission; la Badine et le Marin. La Badine avait pour commandant
M. D'Iberville lui-même et François y était comme enseigne de vaisseau.. Ils partirent le 24 octobre 1698 et arrivèrent au Mississipi le 31 janvier 1699. Dans son Journal de navigation d'Iberville écrit: "Le 8 février au matin, MM.de Surgères, Sauvolle, Desjourdis et mon frère Bienville, sont allés dans la biscayenne.....".........

Sa femme Anne Nolan décède à Montréal et est inhumée le 17-02-1703 alors qu'il commandait le Fort de Rivières-des-Prairies.

Le 15 septembre 1704 par l'intermédiaire de Marie-Anne Lamarque et de Jean-Baptiste Nolan son beau-frère, il loue à Marie Lemaître et Jacques Passat, sa maison rue Capitale pour trois ans, au prix de 120 livres par année.

Il se remarie en 1705, en deuxième noces avec Louise-Catherine Robineau ( 1677-1757) fille de René Robineau de Bécancour, baron de Portneuf. 2e contrat de mariage #21 devant Me. Jean-Baptiste Pottier au Manoir de Bécancour là il signe DEJOURDIS. Louise-Catherine apporte à François en dot, la Seigneurie des Iles Bouchard. C'est là qu'il s'établit tout en poursuivant sa carrière militaire. Ils y élevèrent leur famille composée de sept enfants dont quatre fils.

La descendance de Francois et Louise-Catherine.

Les Isles-Bouchard sont situées au sud de Saint-Sulpice. Il y a plusieurs iles et certaines appartiennent au seigneur de Verchères. La plus grande appartient à François et Louise-Catherine. Elle est entrecoupée de marais poissonneux et avantageux pour la chasse au gibier passager et de prairies. Ce sont parmi les meilleures terres du pays. Mais elle est si sujette aux inondations qu'elle est peu cultivée, mais là où elle l'est, elle produit toutes sortes de grains et légumes. Les habitants qui y sont établis y sont fort à leur aise. Il y a quantité de gros bois consistant en hormes, chesnes blencs, errables, meriziers, plaines, fresnes et noyers qui la plupart, certaines années, se trouvent couverts de raisins du pays qui fait du vin fort âcre et noir comme de l'encre.(BRH volume 21 page 290 - Mémoire de Gédéon de Catalogne sur les plans des seigneuries et habitations des gouvernements de Montréal, les Trois-Rivières et Québec.)

François poursuit tout de même sa carrière militaire .
En 1705 il est commandant au fort de Rivières-des-Prairies. Le 6 juin 1707, il concède à Jacques Lussier l'île de deux cents arpents et demi et dix-huit chaînes de superficie qu'il habite au-dessus de l'île Marie aux Iles Bouchard. Le 17 janvier 1707 les Sulpiciens lui concède une terre de quatre arpents de front par vingt de profondeur à la Visitation de Notre-Dame.

Le 28 juillet 1709, il accompagne Ramezay dans une expédition contre Nicholson en Nouvelle-Angleterre. L'avant-garde de Ramezay, conduite par M. de Montigny, capitaine, était composée de 50 français et de 200 Abénaquis et soutenue par Rouville avec 100 canadiens. Après eux marchaient 100 soldats des troupes du Roy sous les ordres de M. de La Chassaigne. Le Gouverneur de Montréal (Ramezay) suivait à la tête de 500 canadiens distribués en 5 compagnies commandées par MM. de Saint-Martin, DesJordis (François), De Sabrevois, de Lignery et Des Chaillons. Les Iroquois chrétiens faisaient l'arrière-garde sous la conduite de Joncaire. Des Outaouais et Nipissings étaient sur les ailes. Ramezay avait réuni trop d'hommes de valeur et mis imprudemment, ensemble, les meilleurs officiers du Canada. Faute d'entente entre-eux et le commandant, l'entreprise échoua lamentablement. Vers la fin de septembre tous rentraient piteusement à Montréal.

Le 29 novembre 1709 François loue pour un an, au prix de cent livres, à Henri Catin et Jeanne Brossard, sa maison de la rue Capitale.

Le 24 janvier 1710, il concède à Paul Guertin de Verchères, une terre à la pointe de l'entrée des marais des Iles Bouchard, aux environs de l'ile aux Prunes. Le même jour il concède des terres aux Iles Bouchard. à Michel Desmarets, Gabriel Artigala et Paul Desmarets.

Le 9 avril 1710, il concède à Paul Mazuré, soldat de sa compagnie, une terre et l'ile qui se trouve vis-à-vis, dans la seigneurie des Iles Bouchard.

Le 14 juin 1710 lui et son épouse donnent une procuration à Antoine Paccaud afin qu'il recoive en leur nom, de la part de Monsieur de Gastines de Paris, la somme de 928 livres de France, sur quatre années d'une rente sur la maison de ville de Paris.

Le 8 novembre 1710 il loue pour trois ans à Pierre Guertin de Verchères, la terre et les animaux de sa seigneurie de Jordy moyennant la moitié des grains et des écrois.

En 1711-1712, il succède à Raymond Blaise Des Bergères, comme commandant du fort Chambly. Il apparait dans les registres paroissiaux en qualité de Capitaine et Commandant de Chambly aux dates suivantes:
23 février1711 et 13 mai 1711 puis les 4 et 23 juillet 1712.
(Ref: E-Z Massicotte, BRH volume 31 pages 453 à 458)

Le 9 mars 1712, il concède une terre à Pierre Neuport à l'ile Longue et le 6 juin 1712, à Louis Chagnon, aux Iles Bouchard.

Toujours aussi volage, il a une liaison avec Marie-Madeleine Bonnodeau, fille de Louis Bonnodeau et Claude Laval. Elle donne naissance à une fille à Sorel le 5 septembre 1712. Elle est baptisée Marie-Catherine.

Le 11 octobre1713 avec son épouse et ses beaux-frères Robineau, en tant qu'héritiers de feue Angélique Robineau, épouse d'Etienne Laugeois seigneur de La Vannière, il donne une procuration à M. De Gastines, pour que ce dernier récupère la somme de 700 livres, constituant les arrérages de deux rentes sur une partie du prix de vente d'une maison rue deBerry, au Marais du Temple, à Paris.

Le 19 mars 1714 il vend son emplacement de quarante trois pieds par vingt et sa maison rue Capitale à Montréal, à Jacques Nevers et Michelle Chauvin, au prix de 2250 livres.

Le 15 octobre 1716 il vend également ses droits et prétentions sur la Baronnie de Portneuf à Charles LeGardeur.

Le 28-6-1718, toujours à Chambly, il est fait Chevlier de Saint-Louis et reçoit la Croix de St-Louis.

Le 7-5-1720 il remplace François Mariauchau d'Esgly au poste de Major des Trois-Rivières
Son oncle Joseph avait occupé le même poste en 1712-1713.

Il continue à concéder des terres aux Iles Bouchard. Pierre et Gabriel Guertin en reçoivent chacun une le 20 juillet 1722.

Par un ordre publié en 1725, François Desjordy de St-Georges, devient commandant de Trois-Rivières. Ce titre équivalaut à celui de gouverneur des Trois-Rivières. Il semble toutefois que le "De St-Georges" ait été ajouté par erreur car c'est l'unique fois que ce nom est accolé au patronyme Desjordy.

François Desjordy-Moreau meurt à Trois-Rivières, le 15-2-1726.
Il est inhumé le 16-2-1726 dans l'ancienne église Notre-Dame qui fut incendiée en 1908, maintenant il y a un monument au Sacré-Coeur à cet endroit.

(Photo prise sur le site de la BNQ (Monument Sacré-Coeurc02444.jpg)

Le 30 juillet 1728 sa veuve fait inventorier ses biens par le notaire Tailhandier sous le numéro 294.

Sa femme mourra 31 ans plus tard dans son manoir des Iles Bouchard, en septembre 1757. Ref01.